| « Pour régner Je commencerai par faire miséricorde, car mon règne est de paix et d'amour » |
« Ne crains rien » : Sœur Josefa dans la nuit du doute et la lumière du Sacré-Cœur
À la fin de l’été 1920, une épreuve inattendue s’abat sur l’âme de Sœur Josefa Menéndez.
Depuis plusieurs mois, Jésus lui parle, la guide et l’attire à Lui. Mais le 25 août, tout semble s’effondrer. Ses Supérieures lui ordonnent de ne plus prêter attention à ces manifestations et de ne plus y répondre.
Josefa obéit.
Alors commence pour elle une véritable nuit intérieure.
D’un côté, son désir le plus profond : rester une humble religieuse cachée, inconnue de tous, fidèle à l’obéissance. De l’autre, cette voix de Jésus qui continue de résonner au fond de son cœur. Comment concilier ces deux appels ? Comment ne pas craindre de se tromper ?
Jour après jour, l’angoisse grandit.
Mais dans cette obscurité, Jésus ne cesse de la rassurer :
« Ne crains rien et ne M’abandonne pas. Je me plais à demeurer en toi, car tant d’âmes Me fuient. »
Le 16 septembre, Il lui apparaît encore :
« Il faut, pour apaiser tant d’amour, que tu Me cherches des âmes. Tu les trouveras à force de souffrir et d’aimer. Tu auras bien des humiliations à supporter. Mais ne crains rien : tu es dans mon Cœur. »
Josefa souffre. Elle doute. Elle supplie même le Seigneur de donner un signe à ses Supérieures afin qu’elles puissent discerner si tout cela vient réellement de Lui.
La réponse de Jésus est bouleversante :
« Le signe, Je le donnerai en toi. Ce que Je veux, c’est que tu t’abandonnes à Moi. »
Le signe ne sera pas un miracle éclatant.
Le signe sera sa fidélité.
Le signe sera son abandon.
Le signe sera son amour au milieu de l’épreuve.
Le 29 septembre, Jésus lui révèle encore la mission qu’Il lui confie :
« La consolation que Me donne une âme fidèle compense l’amertume dont Me comblent tant d’âmes froides et indifférentes. Tu sentiras parfois dans ton cœur l’angoisse du Mien. C’est ainsi que tu Me soulageras. »
Puis, le 3 octobre, pour la première fois, la Très Sainte Vierge apparaît à Josefa.
Comme une mère qui vient soutenir son enfant dans la souffrance, elle lui dit avec tendresse :
« Ma fille, tu n’es pas trompée. Ta Mère le saura bientôt. Mais tu dois souffrir pour donner des âmes à mon Fils. »
Quelques jours plus tard, le 8 octobre, Jésus apparaît avec son Cœur ouvert comme un livre vivant. Il demande à Josefa d’écrire ce qu’elle y lit.
Alors se dévoile le mystère de sa vocation :
« Je serai l’unique amour de ton cœur, le doux supplice de ton âme, l’agréable martyre de ton corps. »
Ces paroles rappellent celles adressées autrefois à sainte Marguerite-Marie. Comme un sceau divin, elles viennent confirmer que la petite religieuse espagnole est appelée à devenir, elle aussi, témoin de l’immense amour du Sacré-Cœur pour les hommes.
Aujourd’hui encore, plus d’un siècle après ces événements, le message demeure d’une brûlante actualité.
Car combien sommes-nous à connaître l’épreuve du doute ?
Combien de fois nous sentons-nous seuls, incompris, découragés ?
Combien de fois demandons-nous à Dieu un signe alors qu’Il nous invite simplement à Lui faire confiance ?
À travers Sœur Josefa, Jésus nous répète les mêmes paroles :
« Ne crains rien. Tu es dans mon Cœur. »
Voilà le secret de la paix.
Non pas comprendre toutes choses.
Non pas être délivrés de toute souffrance.
Mais savoir que, dans chacune de nos épreuves, nous demeurons aimés, portés et gardés dans le Cœur de Jésus.